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1 septembre 2012

Jour 12 - péninsule de Reykjanes

Pour notre dernier jour en Islande, nous nous rapprochons de l'aéroport et découvrons tranquillement la péninsule de Reykjanes.


Reykjanes, qu'on appelle aussi Reykjanesskagi (de l'islandais skagi, péninsule), est la grande péninsule au Sud-Ouest de l'Islande à une distance d'à peu près 40 km de la capitale Reykjavik. Comme pour la capitale, son nom provient de l'islandais "reykur" (fumée), les sources chaudes y étant nombreuses et le volcanisme très présent. On y trouve de grands champs d'une lave encore assez jeune. Cette péninsule est située dans une zone active de volcanisme et de mouvement de plaques tectoniques. Par conséquent, on y trouve quelques régions de haute température, comme par exemple près de la centrale géothermique de Svartsengi non loin de Grindavík. On y utilise l'eau chaude aussi pour une station thermale qui s'appelle Bláa lónið (le lagon bleu) où l'eau contient des minéraux favorables à la lutte contre les maladies de la peau et du poumon.


Sur la péninsule, peu de villes : Keflavík, Narðvík et Grindavík, dont les habitants vivent surtout de la pêche. Les Américains ont construit une grande base militaire et l'aéroport international près de Keflavík.
L'Islande n’a pas d'armée et n’en a jamais eu. C’est un pays qui neutre depuis 1918, malgré son soutien ouvert aux Etats-Unis. La seule force armée du pays fut pendant longtemps la base militaire américaine implantée à Keflavík. L’arrivée des soldats provoqua un important chamboulement dans l’île. 50.000 alliés étaient basés sur l’île durant la seconde guerre mondiale, soit l’équivalent d’un tiers de la population totale.

Cette base accueillit environ 3000 soldats durant la guerre froide. L’Islande était un point stratégique géopolitiquement parlant.


L’Islande était auparavant un pays fermé, isolé du monde. Le choc culturel, et technologique fut rude. L’impact économique frappant. Si l’Islande a pu entrer de plain pied dans l’ère moderne, ce fut en grande partie grâce aux soldats américains.



Au petit matin, nos bruyants voisins sont partis, le ciel se couvre petit à petit sur Hveragerði. Nous faisons un tour du village et notamment du côté des serres.




Puis nous prenons la route vers la péninsule.






Une autre région de haute température se trouve à Krýsuvík près du beau lac Kleifarvatn. La plupart des sources chaudes sont situées sur les pentes de la montagne Sveifluháls, mais il y en a aussi d'autres situés près du lac. Cette région est une réserve naturelle assez isolée. Elle se trouve au milieu du rift de la dorsale atlantique qui traverse l'île du Sud-Ouest au Nord-Est.

Le volcanisme se montre par exemple dans les solfatares de Seltún. La température à 1 000 mètres de profondeur s'élève à 200 °C.

Après un tremblement de terre important en 2000, l'eau du lac voisin, Kleifarvatn, commença à disparaître dans le sol. Sa superficie a diminué depuis de 20 % environ. Quelques lacs plus petits dans les environs montrent aussi la présence du volcanisme par leur couleur bleue (silice).
Des sentiers touristiques et de trekking traversent la région.

Le lac Graenavatn nous accueille à l'entrée de la zone d'activité de Krýsuvík :




Un peu plus loin, sur les terres de Seltun s'étend une zone géothermique comportant des mares de boue en ébullition et des évents de vapeur, entourés de dépôts de soufre. En surface, la température atteint 80 à 100°C (200°C à 1000m de profondeur). Seltun fait partie de l'un des quatre appareils volcaniques alignés tout au long de la fissure éruptive de la péninsule de Reykjanes.
















Le lac Kleifarvatn, entouré de plages de sable volcanique noir, se trouve dans la partie Sud de la péninsule sur la zone des fissures du dos de l'Atlantique et il est accessible par une piste. Sa plus grande profondeur est 97 mètres.

Après un tremblement de terre important en l'an 2000, l'eau du lac commença à disparaître dans le sol. Sa superficie a diminué depuis de 20 % environ. Les failles s'étant partiellement obstruées depuis, le lac a retrouvé son niveau d'avant le tremblement de terre. D'autre part, des sources chaudes, jusque-là cachées par les eaux du lac, ont surgi sur ses rives.

Kleifarvatn est aussi le titre original d'un roman de l'écrivain islandais Arnaldur Indriðason. Le titre de la traduction française est L'homme du lac.




Nous quittons la zone des sulfatares et lacs pour rejoindre la côte, à la recherche des macareux (sans succès, que ce soit dit d'avance et on est bien déçus).





La Midlina : la dorsale médio-atlantique, frontière entre la plaque Nord-américaine et la plaque Eurasienne. Une petite faille bouchée d'une dizaine de mètres qui serpente sur des kilomètres. La matière remontant à la surface répare et comble au fur et à mesure les fissures causées par la séparation des plaques. Cet espace grandit tous les ans de 2 à 3 centimètres.



Poursuivant la route, nous atteignons le phare de Garður, à l'extrémité de la péninsule.


Et puis nous nous dirigeons vers l'aéroport, il est 18h, heure locale. La journée est loin d 'être finie : une longue attente à l'aéroport pour embarquer puis passer les contrôles, manger, faire le tour des boutiques puis monter dans l'avion et enfin décoller, à 1h du matin.
Quelques oeuvres à l'entrée de l'aéroport :





Retour en France, complètement fracassés : surtout ne plus recommencer un vol de nuit qui dure 3 heures... Et surtout, surtout, on aurait mieux fait de prendre le tgv pour Grenoble au lieu d'attendre 4h pour atterrir à Lyon... Dormir dans CDG, ça se fait mais on se réveille plus fatigué qu'avant.



En conclusion de cette série de douze jours en Islande : de beaux souvenirs, une belle découverte d'un pays aux couleurs magiques, aux chutes d'eau variées et toutes superbes, à la côte variée - hôtesse de nombreux oiseaux, les déserts de cailloux, les moutons et chevaux, pays à l'activité volcanique discrète mais présente absolument partout depuis les champs de lave moussus aux piscines chaudes. Ce tour de l'île nous a permis d'en prendre la dimension, de découvrir ses différentes facettes, de savoir là où on aimerait revenir plus longtemps, pourquoi pas en trekking ou en hiver.


24 août 2012

Jour 11 - la région d'Hveragerði



Cette journée est dédiée à notre arrivée sur Hveragerði et la visite de ses environs (avec bien sûr un passage à la piscine municipale en fin de journée !). La météo de la journée s'annonce très claire et nous ne verrons aucun  nuage !


Après un lever matinal (mais le soleil est bien sûr déjà levé depuis longtemps...) pour profiter de la vue environnante, notamment celle du volcan et les chevaux d'à côté du camping, nous prenons notre petit déjeuner au phare d'Akranes.








Ça baille le matin !



La ville d'Akranes n'a rien de particulier avec ses 6.600 habitants. La ville a commencé à se développer au XIXe siècle comme village de pêcheurs. Aujourd'hui, elle devrait se développer grâce à l'ouverture du tunnel de Hvalfjörður vers Reykjavik qui facilite les déplacements. Jusqu’en 1998, les voyageurs devaient contourner tout le fjord quand ils voulaient continuer sur la route 1 vers le Nord. Aujourd’hui le tunnel Hvalfjarðargöng d'une longueur de 5,7 km et traversant le fjord, raccourcit le trajet d’à peu près 60 km. De plus, de nouvelles industries se sont implantées dans la ville.






Depuis Akranes, nous prenons la route qui longe le fjord Hvalfjörður.





Le Hvalfjörður (qui signifie le fjord des baleines) est situé dans l'ouest de l’Islande entre Mosfellsbær et Akranes. Le nom s’explique par le fait qu’on trouve un nombre exceptionnel de baleines dans ce fjord. Une des stations de pêche à la baleine les plus importantes du pays se trouvait par conséquent dans ce fjord jusque dans les années 80. Le pays a l’intention de la réouvrir maintenant que l’Islande a recommencé de pêcher ces animaux. Une autre explication du nom Hvalfjörður est donnée par une saga islandaise qui raconte l’histoire d’un prêtre combattant une baleine malfaisante.

Au fond de ce fjord se trouve Glymur, la plus haute cascade d'Islande avec une hauteur de 190 mètres : nous tenterons de nous en approcher mais l'absence de panneau ou de plan pour randonner ralentissent sérieusement nos velléités de promenade. Mais la voici : Glymurfoss

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une base militaire des Britanniques et plus tard des Américains fut localisée dans ce fjord d'où partirent des Convois de l'Arctique à destination de l'URSS.




D'un côté du fjord, une usine détonne dans le paysage : l'usine d'aluminium primaire Grundartangi.


Reykjavik vue depuis l'autre côté de la baie.



A 30 kms de Reykjavik, vers l'Est, Hveragerði est réputée pour ses sources chaudes alimentées par le volcan Hengill situé au Nord-Ouest. Ces sources ont permis l'installation de serres qu'elles alimentent en chaleur afin de permettre la culture d'espèces tempérées mais aussi tropicales.



Traversant la ville, nous partons nous promener dans la zone géothermique de Reykjadalur.


 

Nous sommes finalement au Sud du lac de Thingvellir, séparé par un massif de moyenne montagne.


Des petites marmites de boue.






















Des ruisseaux verts et chauds :






















Un petit chemin très tracé :


Et enfin une rivière d'eau chaude !!


où nous trempons...


trempons...


 trempons... :)



Et picniquons :


La balade se poursuit plus haut avec des mares de moue plus ou moins liquides, plus ou moins fumantes :



Nous continuons à remonter le cours d'eau rempli de baigneurs ...


... et finalement faisons un petit tour (en rouge sur la carte) :





Des algues survivent dans ces conditions extrêmes (acides et chaudes) :


Derrière la colline, un lac "bi-phasé" : un liquide gris clair métallique en surface, une eau sombre dessous, le tout fumant allègrement.






D'autres lacs :








Devinez ce qu'il y a dans ce cabanon en triangle !


Le croisement des eaux chaudes sulfureuses et du ruisseau froid :






















Retour à la voiture, installation au camping avec son stock de bouteilles de gaz, nous terminons notre journée par un bon à la piscine d'Hveragerdi. S'y trouvent une piscine de 50m à 30°C environ (!!), un hammam, un hot pot à 37°C, un hot pot à 45-50°C et un grand bac à poisson rempli d'eau froide !

En conclusion, très belle journée sous un soleil superbe dans un cadre exceptionnel.

Ça aurait mérité une balade à cheval pour parfaire le tout :)