1 août 2012

Jour 3 : 8 juillet - la poursuite dans le Sud

Ce troisième jour, nous continuons le long la côte Sud. Les paysages s’enchaînent, tous aussi beaux les uns que les autres. De falaises verdoyantes en cascades et en petits hameaux, le grand glacier au loin se rapproche. Après un début de matinée couvert, le ciel se dégage vers midi et le soleil apparaît par séquences avant de s'imposer pour de bon.







En chemin, nous nous arrêtons à Dverghamrar, signifiant littéralement en français « rochers des nains ». Ce site protégé est constitué d'un ensemble d'orgues basaltiques, les rochers ont été dégagés par l'érosion maritime à la fin de la dernière période glaciaire, la mer étant à l'époque plus haute.




 

Poursuivant la route, les espaces s'élargissent, les plaines sont plus torturées dans lesquelles serpentent des torrents boueux - ou à sec, jonchées de cailloux et les falaises deviennent plus hautes. Nous apercevons quelques maisons en tourbe, aux toits recouverts d'herbe, dont notamment l'église de Núpsstaður datant du 17ème siècle - mais nous n'avons pu nous en approcher.










Vers midi, nous atteignons les glaciers qui composent le Vatnajökull. En islandais, vatna est le génitif pluriel de vatn, « lac » ; jökull signifie « glacier ». Vatnajökull signifie ainsi « glacier des lacs ».

Les glaciers (jökull en islandais) couvrent 11,1% de la surface terrestre de l'Islande (environ 11.400 km² sur une surface totale de 103.125 km²) et beaucoup de glaciers islandais se trouvent au-dessus de volcans, tels que Grímsvötn et Bárðarbunga, qui se trouvent sous le plus grand glacier, Vatnajökull, et sont responsables de jökulhlaups, des inondations brutales provoquées par la fonte de la glace. D'une superficie de 8.300 km2 soit l'équivalent de la Corse, le Vatnajökull couvre  % de la superficie de l'Islande. Son épaisseur maximale est d'environ 1.000 mètres.

Sous le glacier se trouvent un certain nombre de volcans dont certains sont actifs. Notamment le Grímsvötn, abritant un lac sous-glaciaire. Le débordement de ce lac, généralement en raison d'éruptions sous-glaciaires, entraîne régulièrement des jökulhlaups : des inondations brutales et dévastatrices. Le Grímsvötn est l'un des volcans les plus actifs d'Islande, avec en moyenne une éruption tous les dix ans au cours du XXe siècle. L'une des plus importantes est celle de 1996, dont le jökulhlaup provoque de lourds dégâts sur la route 1 faisant le tour du pays. Nous avons pu en voir de larges traces lors de notre parcours ce jour-là : une plaine de cailloux noirs, des panneaux d'information et un gros bout de métal tordu - vestige du pont sur la route n°1 et des films au parc national.







Dans cette plaine de cailloux, charriés là il y a 16 ans, fleurissent pourtant des plantes mais l'ambiance reste lunaire.


Nous nous rapprochons du glacier et du parc national du Vatnajökull. Nous garons la voiture dans une zone fortement touristique (parkings, camping, office de tourisme, bureau des guides,...) et partons pour une petite randonnée vers la cascade de Svartifoss. La végétation est plus vive, oasis verte au milieu des langues glaciaires et des roches sombres.



La cascade de Svartifoss est simple et petite, mais les magnifiques formations d'orgues basaltiques que l'on peut voir autour et qui lui ont donné son nom ("svart" = noir) la rende unique et délicate. De plus, la présence d'arbres aux alentours (bouleaux) rend le site très différent de ce que l'on peut observer habituellement en Islande.







Nous poursuivons cette balade un peu plus haut et nous nous dirigeons vers les glacier. Nous atteignons alors un promontoire au dessus d'une langue glaciaire, face au Hvannadalshnukur, le plus haut sommet d'Islande, culminant à 2.109,6 mètres d'altitude.







 Nous reprenons la route, toujours plein Est et contournons le Vatnajökull.



Nous atteignons alors un petit lac formé au bout d'un glacier et dans lequel flottent de nombreux icebergs, glaces détachées du glacier et qui dérivent pour enfin emprunter un cours d'eau qui les emmènent vers l'Océan.








Quelques kilomètres à peine plus loin, un second lac glaciaire, bien plus grand mais sur le même principe que le précédent. Celui-ci s'appelle le lac Jokulsarlon. Sa profondeur maximum de 260 mètres (!!) lui donne la première place des lacs les plus profonds du pays.
Les blocs de glace se détachant du front du glacier Vatnajökull dérivent sur le lac, puis rejoignent la mer. Ils s'échouent alors fréquemment sur la plage de sable noir.


















Cette longue journée se termine à Höfn (prononcer "eupn"). Höfn signifie simplement port (c'est le mot qui a donné havre en français). Les activités économiques principales sont la pêche et le tourisme. Le secteur de la pêche inclut aussi bien par la pêche en mer que la production industrielle : Skinney-Þinganes est une des principales usines de traitement du poisson de la partie orientale du pays. La production principale de ces usines est le poisson salé et séché et le homard.





Le soleil se couche sur les glaciers, nous dormirons au camping de Höpn.