19 août 2012

Jour 9 - le Nord de la péninsule Snæfellsnes



Quittant le Nord, nous nous dirigeons vers le plein Ouest, vers la péninsule de Snæfellsnes.


Avant d'atteindre la péninsule, nous nous arrêtons à la maison d'Eric le Rouge, située non loin de Búdarðalur.

Erik le Rouge (Eiríkr Rauði) (950~1010 ap JC) est un explorateur norvégien. Son vrai nom est Eirikr Thorvaldson (Eiríkr Þorvaldsson) mais ses contemporains le surnomment « Le Rouge » en raison de la couleur rousse de ses cheveux et de sa barbe. Il est resté dans l'histoire pour avoir fondé la première colonie européenne au Groenland, qui fut narré plus tard dans la Saga qui porte son nom.

Stéphane visite la maison en tourbe, dont l'intérieur est reconstitué comme à l'époque de son illustre propriétaire.





Son fils, Leif Ericson (une star en Islande) découvrit et installa une colonie sur les terres encore plus à l'Ouest du Vinland, que l'on pense être située sur l'actuelle Terre-Neuve.

L'histoire de cette famille d'explorateurs :
Þorvaldr Ásvaldsson, le père d'Erik le Rouge, est banni de Norvège à la suite d’un meurtre : il s’installe au Nord-Ouest de l'Islande vers l'an 970. Erík est à son tour banni d'Islande pour un meurtre : il part alors pour des terres que seuls quelques Européens avaient déjà vues avant lui, et notamment Gunnbjörn Ulfsson, le premier à les avoir découvertes entre 876 et 932. Erik appela cette terre - qui connaissait un climat plus favorable au début du deuxième millénaire - Groenland (Grønland en danois « terre verte ») dans le but d'y attirer le plus de colons possible. Il s'installe autour de l’actuelle ville de Qaqortoq. De retour en Islande après les trois années d'exil qu'il passe à explorer la côte orientale du Groenland, il prépare la colonisation des terres qu'il a découvertes.
Parti entre 985 et 988 avec une flotte d'une trentaine de bateaux viking, il s'installe à Eystribyggð entre le cap Farewell et le cercle polaire. Les premiers colons sont au nombre de 450. Plus tard, leur nombre s’élève peut-être à 5.000, répartis en deux établissements situés tous deux au fond de fjords de la côte Sud-Ouest (sur les emplacements des villes actuelles de Nuuk et Qaqortoq). Eiríkr reste païen, mais sa femme Þjóðhildr se convertit au christianisme en même temps que la colonie devenait elle-même chrétienne ; elle fait construire une église dont il subsiste encore des vestiges. Les colons s'organisent politiquement sur le modèle islandais et Erik devient le chef suprême du Groenland, riche et respecté. Il y demeure jusqu'à sa mort à la suite d'une épidémie, vers l'an 1010, mais les derniers colons scandinaves, victimes d'un refroidissement du climat, des luttes avec les Inuits ou de la famine, disparurent du Groenland vers la fin du XIVe siècle.


La tradition médiévale islandaise raconte qu'Eiríkr eut quatre enfants dont trois fils : Leifr (Leif), Þorvald (Thorvald) et Þorsteinn (Thorsteinn) et une fille : Freydís. Elle était la fille d'une seconde épouse. Selon la tradition scandinave, Leif serait le second Européen à découvrir les terres de ce qu'il appellera le Vinland (certainement Terre Neuve) ; une trentaine d'années après Bjarni Herjólfsson qui ne fit apparemment que les apercevoir.


Nous commençons alors à longer la grande péninsule Snæfellsnes : on l’appelle "l’Islande en miniature" parce que beaucoup de sites naturels typiques de l’Islande peuvent y être visités.
Le volcan Snæfellsjökull, un des symboles de l’Islande, se trouve à l’extrême Ouest de la péninsule et domine ses environs, étant la plus haute montagne de Snæfellsnes (1446 m). Un glacier couvre son sommet avec seulement deux petites cheminées volcaniques qui le surmontent. Quand il fait beau, on peut voir le Snæfellsjökull de la capitale Reykjavik sur une distance de 120 km environ. Le volcan est entouré du parc national de Snæfellsjökull.
Quelques jolis villes et villages où on vit surtout de la pêche se trouvent à la côte du nord de Snæfellsnes : Ólafsvík, Grundarfjörður, Stykkishólmur et Búðardalur. Ainsi qu’au sud de la péninsule : Arnarstapi.








Nous poursuivons le long de la côte jusqu'au village de Stykkishólmur, où nous prenons un bon déjeuner à base de poissons et de bières locales.











Pour connaitre l'histoire de ce restaurant qui fut avant la maison de la veuve du pharmacien, une maternité, une salle de billard, un salon de coiffure,... : http://www.narfeyrarstofa.is/

Grundarfjörður est une petite ville portuaire. La ville a reçu le droit de commerce en 1786. Autour de 1800, des négociants et des pêcheurs français sont venus en Islande et se sont établis à Grundarfjörður, où ils ont construit par eux-mêmes une église et un hôpital. Les Français ont quitté la région vers 1850.
Mais il restait un village de pêcheurs islandais qui a grandi avec les ans. La ville est ensuite devenue riche avec l'industrie de la pêche.






En face de ce village, une montagne isolée, presqu'île dans la mer : Kirkjufell ce qui signifie littéralement « montagne église » en islandais, probablement à cause de forme ressemblant à un clocher. Kirkjufell possède des pentes raides sur tous ses côtés, abrasés par les glaciers lors des glaciations. Différentes couches de lave accumulées sont visibles, datant de millions d'années.







Snaefellsbaer est un petit village au pied du volcan - qu'on ne voit pas encore. Rien de spécial si ce n'est sa superbe église moderne :




Un peu plus loin sur la route, de la fumée de vapeur s'échappant d'une plage attire notre attention. Garant la voiture, nous nous approchons à pied pour découvrir une source d'eau chaude - sur la plage !- qui semble avoir été exploitée autrefois.





Nous croisons de nouveau la route de sternes arctiques, toujours aussi "aimables".







Le Snæfellsjökull est l'un des volcans les plus renommés d'Islande, cela notamment grâce à Jules Verne qui situa l'entrée vers le centre de la Terre au sommet de cette montagne dans son roman Voyage au centre de la Terre.






Non loin du petit aérodrome de Rif, nous apercevons une belle cascade : Svöðufoss. L'accès n'est vraiment pas aisé : la route est en terre, très caillouteuse et défoncée. Il faut ensuite marcher un peu à pied pour atteindre la cascade et longer un parc à chevaux pour en revenir.









A Hellissandur, où se trouve un musée des pêcheurs dans des maisons en tourbe au toit en pelouse, les nuages accrochent la côte. Quelques kilomètres plus loin, nous retrouverons le soleil.



Contournant le volcan, nous atteignons les rives Sud de la péninsule. Pas un village ni une maison jusqu'à Arnastrapi que nous atteindrons le lendemain. Ça sent bon le bivouac !






Sur la côte Sud, au pied du volcan Snæfellsjökull, Djúpalónssandur est une plage de sable ainsi qu'une baie. Son abord, aménagé, nous explique l'histoire de cet endroit : auparavant, il y avait soixante bateaux de pêche et c'était l'un des villages de pêcheurs les plus prolifiques sur la péninsule de Snæfellsnes mais aujourd'hui la baie est inhabitée.
Quatre pierres de levage se trouvent à Djúpalónssandur, utilisées par les pêcheurs afin de tester leur force. Ils sont Fullsterkur ("pleine puissance") pesant 155 kg, Hálfsterkur («la force de la moitié») à 140 kg, Hálfdrættingur ("faible") à 49 kg et Amlóði ("inutile") 23 kg. Ils étaient traditionnellement utilisés pour qualifier les hommes pour un travail sur les bateaux de pêche - le Hálfdrættingur étant le poids minimum d'un homme aurait à lever sur un rebord d'un rocher à hauteur des hanches pour se qualifier.
Sur la plage il ya des restes du chalutier Grimsby Epine qui a fait naufrage le 13 Mars 1948.










Dans la baie, succédant à la plage, nous verrons une cabane-refuge et les ruines d'une maison de l'ancien village, et surtout des rochers superbes.


Les rochers de la baie se prêtent bien à de la grimpouille pour notre sportif en manque !





Sur Sudurbardi, il ya un vieux labyrinthe réalisé par les pêcheurs d'autrefois pour s'amuser.



Nous dînons sur l'aire de picnic aménagée de Djúpalónssandur. L'air est froid, il doit être 23h30.


Quelques kilomètres plus loin, nous garons la voiture et installons notre bivouac à côté du lit d'une rivière, cachés de la route avec un camping-car et une caravane.